C'est qui Gaia?

gaia.jpgGaïa est une vieille déesse greque. celle de la Terre.
Le terme est réutilisé dans les années septante par J. Lovelock pour désigner le concept de biosphère, (La terre en tant qu'être vivant).
Lovelock est un chimiste et sa conception de Gaïa, destinée à convaincre les scientifiques, est très matérialiste.
Ce qui n'empêche pas la reprise du terme par des gens aux conceptions plus spirituelles, qui vont allégrement donner une âme à Gaïa
Ce qui énerve un peu Lovelock.
Mais après tout, s'il ne voulait pas que ça lui arrive, il pouvait donner un autre nom à son concept.
Par exemple "Biosphère".
Comme Vernadsky , un russe qui avait lancé le même concept au début du XXème siècle.
En Quechua, la langue des descendants des incas, Gaïa se dit Pachamama: "La terre mère".
L'homme qui a lancé l’hypothèse «Gaïa» n’est pas un mystique. Il travaillait pour la NASA dans un projet de recherche de la vie sur Mars. En s’interrogeant sur les possibilités de présence de vie sur une planète quelconque, il prit la terre pour modèle. Il découvrit qu’elle était forcément un être vivant. En s’appuyant sur la logique de la thermodynamique, il fait remarquer que si la vie était, comme on l’a décrite généralement jusqu’à maintenant, un catalogue d’espèces en compétition, jamais, jamais il n’aurait été possible que la planète maintienne des conditions viables aussi longtemps. Que l’on y songe: 4% d’oxygène en plus et la surface de la Terre s’enflammerait, il ne resterait plus rien d’organique. 4% d’oxygène en moins, tout meurt. Idem pour la température, la salinité, le Ph. Il y a donc forcément une entité régulatrice derrière cette stabilité dynamique. C’est-à-dire une collaboration, bien plus qu’une compétition entre les êtres vivants. Et avant tout entre les micro-organismes. Dont on se fait généralement une idée très fausse, parce qu’ils ont été essentiellement mis en lumière de par le rôle qu’ils jouent dans les maladies et qu’ils sont tout petits, donc très loin de nous et très mystérieux. Lovelock est d’abord un chimiste et un physicien. Il ne se prononce pas trop sur la nature de cette entité. Il fait juste remarquer qu’aucune branche scientifique n’a vraiment défini ce qu’est la vie. Pas même la biologie, curieusement. Pour lui, le fait qu’il existe des conditions assez stables pour que la terre reste viable, malgré les changements internes (type de flore et faune, composition de l’atmosphère) et externes (puissance du soleil) implique l’existence de mécanismes régulateurs. Point. L’important était à cette époque de créer une conscience de la Terre en tant qu’être, Gaïa, et que cette image puisse toucher le plus de monde possible dans le milieu scientifique.

Mais pour les auteurs un peu nouvel-âge et pour le grand public, cette idée était exprimée de façon un peu trop « cybernétique », aussi a-t-elle été reprise et popularisée sous le même nom, mais sous une forme un peu différente, plus poétique, plus romantique. C’est à dire qu’on a prêté une âme à Gaïa. Parce que, dans les tréfonds de notre émotionnel, ce qui a une vie, c’est ce qui a une âme. Lovelock, soit dit en passant, est outré que l’on aie ainsi détourné son travail, ce qui me fait bien rigoler. Somme toute si l’humanité retrouve une vision animiste c’est grâce entre autre à ses travaux, chose qu’il n’avait pas vraiment prévue.

L’hypothèse que Jeremy Narby présente dans « Le serpent cosmique » (editions Georg, 2000), selon laquelle les ADN sont interconnectés et communiquent entre eux au moyen de "biophotons, "c est a dire en émettant des signaux lumineux cohérents, comme dans les fibres optiques de nos technologies) a une conséquence inattendue : elle met en lumière et rend cohérente le concept Gaïa de Lovelock en en expliquant le mécanisme de fonctionnement. Il existerait un réseau global des ADN terrestres, ils dialogueraient au moyen des biophotons. Toutes les régulations vitales planétaires s’appuieraient sur cette interconnection fondamentale, qui commence tout juste à être mise en lumière. Il semble vraisemblable que le vivant, découlant de la première cellule-mère, soit resté connecté, au-delà des mutations de forme…

Somme toute, Lovelock, il y a trente ans, a décrit l’entité Gaïa dans son langage, celui de la chimie physique. Les découvertes récentes sur le langage lumineux de l’ADN viennent renforcer sa théorie et permettant de la décrire avec une ampleur nouvelle...

Les systèmes cybernétiques naturels gèrent eux aussi leur équilibre. N’importe quel système naturel dynamique, tel qu’un soleil, une rivière, une orbite, un arc-en-ciel, une flamme, un nuage, est généré, ou génère lui-même, un équilibre entre les arrivées et les sorties d’énergie ou de matière. Sinon, il disparaît, s’embourbe, s’obstrue, implose ou éclate. Autrement dit, déjà avant l’apparition de la vie «à ADN», la gestion de l’équilibre est déjà une condition d’existence. Or ça, c’est presque déjà un signe de vie, ou de conscience. Finalement, plutôt que d’aller chercher la vie sur mars, il faut peut-être la trouver dans les arc-en-ciel…

Ce discours sur Gaïa est extrait d'un roman. Vous trouverez la suite ICI